Transport/avenir ou transport à venir, le vélo !

Par Astrid DAGUISÉ-BAHEUX, le 12 juin 2018 à 12 h 01

Transport/avenir, le vélo, le constat :

Actuellement le vélo n’est pas un moyen de transport plébiscité par les français, malgré les nombreux avantages et l’utilité qu’il représente…

Pourquoi ?

La prise conscience est lente, et pour cause, il faut revenir à des constats décevants voire inquiétants. Dans un premier temps, la France par rapport à ses voisins dans l’hexagone a environ 20 ans de décalage dans ses investissements en la matière. Cependant comme il y a en toute chose un coté positif, tout n’est pas perdu sur ce point, elle pourra bénéficier de l’expérience des pionniers du domaine, à savoir la Belgique, les Pays-Bas ou encore l’Allemagne.

Concernant les discours, selon les sources, ils se contredisent parfois, difficile pour le consommateur de séparer le bon grain de l’ivraie et de manifester de l’engouement.

Mais une chose est certaine, les pistes cyclables ne sont pas assez nombreuses et sécuritaires pour encourager la population à privilégier son vélo à sa voiture….

Il faudrait pour changer les esprits lancer une véritable campagne de sensibilisation, encourager certains ménages à l’investissement, aider à la conscientisation des réels enjeux, des avantages économiques, écologiques et sanitaires.

Le concept Vélotaf  en est encore à ses balbutiements par rapport à tout ce qui est mis en place chez nos voisins d’Europe et chez nous ce mode de transport de façon quotidienne est accueillie avec trop de circonspection.  Qui plus est, pour que certains ménages, avec ou sans enfants, puissent réellement remplacer la voiture par un vélo ou plusieurs, il faudrait réunir plusieurs conditions sine qua non. À savoir, leur permettre d’investir dans des VAE genre biporteurs ou triporteurs. Hors ce type de vélo est assez onéreux à l’acquisition. C’est un frein à la motivation des ménages urbains et des autres, tout comme l’insécurité et le manque de pistes cyclables.

Et l’État ?

En avril de cette année, 200 parlementaires d’horizons politiques différents se sont accordés pour exhorter les pouvoirs publics à s’impliquer dans un plan vélo qui permettrait de laisser toute sa place à ce mode de transports alternatifs et non polluants.

Aujourd’hui, les collectivités locales et territoriales vont dans ce sens, mais elles ne peuvent pas assumer à elles seules cet enjeu national.

Heureusement, c’est aussi une volonté des pouvoirs publics d’investir dans des infrastructures pour  développer l’usage du vélo.

Avec le projet de loi sur les mobilités (LOM) qui doit être présenté en conseil des ministres courant juin, nous espérons tous que le cours des choses va changer.

Précisons, qu’actuellement plus de deux trajets de moins de 5km sur trois pour rallier le travail au logis se faits encore en voiture. De plus un jeune sur quatre a dû refuser un travail ou une formation pour des questions de mobilité. Et malheureusement, sept millions de personnes aptes au travail s’en voient encore privées en raison de l’absence de moyen de transport.

Pour déployer ces équipements sur nos territoires, le Conseil d’orientation des infrastructures a préconisé dans son rapport du 1er février au ministère de la transition écologique et solidaire en charge des transports, 3 hypothèses envisageables pour pallier au problème de transport. L’évolution démographique actuelle, ne permet pas de prévoir d’embelli ou de dégorgement des réseaux routier, bien au contraire…L’état choisira et adaptera son action selon sa volonté d’investissement. Dans les solutions proposées par le conseil, il y a  la mise en place d’un plan vélo de 3,5 Md€ étalés sur quatre ans pour commencer. L’AFITF* participerait à hauteur de 80 millions d’euros étalés sur vingt ans à ce plan. Puis à nouveau 4,4 Md€ d’investissement par ans sur dix ans pour l’état… Il va sans dire, que même si l’état s’engage, on peut s’attendre à un budget un peu moins sexy, un peu moins ostentatoire…. Les deux autres scénarios sont un peu moins onéreux… Mais représentent un gros investissement aussi.

Cependant, en matière de planification urbaine de territoire, il est logique d’estimer les futurs changements d’occupation des sols et les futurs changements d’habitudes des modes de transports envisageables, corrélés, ainsi que les possibilités raisonnablement envisageables. C’est le principe de base le plus efficace pour répondre aux exigences de croissance démographique, économiques et sociales, impactées par l’évolution du pouvoir d’achat et du temps dédié au « repos » (loisirs). Autrement dit à l’amélioration des conditions de vie en général en France.

De plus actuellement , en raison de l’engorgement urbain et de la flambée des prix de l’immobilier intrinsèque, les zones périurbaines ne cessent de croître, ce qui étend les impératifs de gestion de densité des flux et de pollution. D’où l’intérêt pour les collectivités, d’investir dans des infrastructures favorisant et prévoyant les transports multimodaux.

Cette prise de conscience ne date pas d’hier, puisque la Loi d’Orientation des Transports Intérieurs (LOTI) date du 30 décembre 1982 et n’as cessé d’évoluer selon les observations et prévisions d’évolutions démographique entre autres. Dès 2002 la Loi d’Orientation pour l’Aménagement et le Développement Durable du Territoire (LOADDT) prévoit des schémas de transport multimodaux. Ces schémas visionnaires jusqu’en 2020, ont pour perspective principale, l’amélioration des services de transport. Et non l’Élisée, même réactif, ne nous sort pas de son chapeau des textes opportuns sans une cogitation développée en amont, tout cela était prévu de longue date et assez bien anticipé.

En 2010, Paris figurait en tête des villes européennes sur le plan des perturbations de trafic et huit sur 10 des pires endroits pour circuler dans l’Hexagone se situaient en France dans le même rapport… Selon l’INRIX (premier fournisseur d’informations sur la circulation routière).

Ainsi, on comprend mieux que le gouvernement souhaite faire évoluer cette situation, qui, de plus sur le plan des investissements économiques peut devenir rédhibitoire pour nos éventuels candidats… Il ne faudrait pas que ce qui fut une gloire jadis à savoir notre réseau routier, devienne un boulet et ralentisse la croissance économique du pays…

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Ils sont plusieurs à montrer l’exemple au sein du gouvernement, ici Christiane Taubira arrive au travail…

Une véritable révolution…

Changer les mentalités encrées depuis la révolution industrielle…. La popularisation de la voiture…Abandonner sa voiture au profit du vélo… changer les us et coutumes des français… Pas si évident que cela…D’autres diraient : il faut changer ses habitudes tout simplement… Tout simplement ? Pas si évident, question d’organisation, de logistique, de finance, de perception, de philosophie…piste-transport/avenir

À coup de subvention, de campagne de sensibilisation, de marketing, accordant enfin ses lettres de noblesse au mode de transport de demain ! Faire découvrir les nouvelles possibilités aux usager de la route, et les rendre possibles… Les VAE par exemple, qu’en sait-on réellement ? Savez-vous combien de sorte de vélo électrique il existe ? Pas évident non plus de passer du confort individualiste et libre de sa voiture (même dans le bouchon, une voiture sera toujours plus confortable (onéreuse et polluante…. ), aux transports en commun pour pour le quotidien ou de longs trajets de vacances à plusieurs… (La location de voiture… peut compléter le vélo quand l’occasion se présente).Dans la même idée, blabla car a déjà du succès, le covoiturage en règle générale aussi, mais cela demeure des moyens de transports encombrants, polluants et pas encore intégrés à titre habituels. L’avantage  de ces concepts est que la pollution est divisée par le nombre de passagers. Cependant, cette évolution démontre que les français ne sont pas non plus hermétiques au changement, qu’ils font attention à leur budget, qu’ils sont sensibles à leur environnement. C’est prometteur…covoiturage

Donner envie !

Pour certaines agglomérations, ce n’est pas le nombre de pistes cyclables qui est pointé du doigt, mais la sécurité de ces pistes. Combien de fois a t’on vu sur les pistes cyclables de Paris, des conducteurs visiblement plus pressés que vous et moi se permettre, au mépris des règles de sécurité, de franchir le Rubicon sans qu’il n’y ait de contrôle… Tout cela pour être bloqué au feu suivant…Quelle leçon en tirer ? Dans un premier temps mettre en place des sanctions peut-être plus rédhibitoires, multiplier les contrôles, éduquer, sensibiliser les chauffeurs pressés et tous les autres… Lutter contre l’individualisme latent du Français. Glorifier le partage !!!Puis pour sécuriser les installations déjà existantes, il serait bon de rendre les pistes cyclables inaccessibles aux voitures et à tout véhicule pouvant dépasser les 45km/h, par exemple… Et bien sûr d’en créer beaucoup plus…. Avec un tel programme qui est loin d’être exhaustif, on comprend les sommes annoncées par le Conseil d’orientation des infrastructures.Ensuite avec des IKV (indemnités kilométrique vélo) vous pouvais obtenir une aide financière substantielle pour vos trajets. Un site vous propose d’en réaliser le calcul : http://www.indemnitevelo.fr/Ce site est très bien réalisé car il n’omet pas de vous préciser la part qui sera soumise à imposition sur le montant global d’indemnité à l’année.Pour rester dans l’aspect pratique et financier, en utilisant le vélo pour vos déplacements inter-urbain ou en périphérie, vous y gagnez aussi. Vous profitez aussi sur la rapidité, plus de bouchons en pratiquant le vélo de ville aux heures de pointes avec les pistes cyclables et sur le plan de l’encombrement, moins de 2m2 sont nécessaires. Pour le stationnement, fini le stress pour trouver une place en ville et c’est une véritable économie de stationnement.  pollution-transport/avenir

Et la pollution ?

Sur le plan de l’écologie, il en est de même, ce mode de transport n’est pas polluant ! Et lorsque l’on connait les conséquences des émissions de CO2 dans ce domaine, on ne peut que s’en réjouir…Le vélo n’est pas bruyant ! Les nuisances sonores seront diminuées également.Au vue des estimations d’agrandissement de population dans toutes les mégapoles, dans toutes les contrées, sachant que déjà aujourd’hui il devient compliquer de circuler dans certains créneaux horaires, et pour certaines destination selon les périodes…. Il serait vraiment bon que tout le monde se mobilise pour utiliser un mode de déplacement responsable à chaque fois que l’occasion se présente. Les bonus santé, si nous ne devons citer qu’un seul avantage, mais il y en a tellement d’autres, nous vous précisons que selon une étude britannique menée sur des cyclistes de 75 ans ayant pratiqué du vélo régulièrement au cours de leur vie, il s’avère que ces sujets présentaient des défenses immunitaires du même acabit que celle de personnes de 20 ans. Alors, il ne serait pas de mauvais goût que le mot de la fin soit : En piste ! *L’AFITF : Agence de financement des infrastructures de transport de France

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